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16 mai 2006

Commentaires

Jean-Philippe

"M'enfin, vous zêtes bêtes, vous" (Gaston Lagaffe)

S'il ne faut aucune compétence pour être ministre, pourquoi il en faudrait pour être directeur d'école ?

Le secteur privé exige de ses employés de la flexibilité. Le secteur public préfère que les gens soient maléables. Leurs compétences ? On s'en fiche.

Imaginons: Monsieur Alain, Directeur d'école, dynamique, pleins d'idées et très apprécié des parents. La liste d'attente pour s'inscrire dans son école est longue comme le bras. Il reçoit une directive de Madame Maria (la Ministre). Vu que celle-ci n'est pas rédigée en latin, langue que Monsieur Alain parle courament, il la jette à la poubelle, ou mieux, il refile le tuyau à la presse. Pas contente qu'elle est la camarade Maria sous sa douche.

Maintenant, imaginons, le camarade Michel, qui arrive d'ardennes profondes, qui ne sait même pas ce que "école" veut dire, mais par contre, il est prêt à tout pour y... parvenir. Chaque jour, il vénère Maria, la Madonne (même s'il écoute Madonna en cachette) car avec ses directives rédigées en wallon simplifié, elle lui explique ce qu'il doit faire.

A votre avis, qui a le plus de chance de faire carrière et de se voir attribuer un beau bulletin ? Et si les parents ne sont pas contents, on ne peut rien lui dire. Il a appliqué les consignes à la lettre. Tel le Roi, il n'est responsable de rien. Pour tant que la paperasse soit en ordre, tout est pour le mieux madame la maquise...pardon la ministre. En dernier recours, si vraiment les parents sont pas contents et se plaingnent dans les gazettes, il ira suivre un stage de plomberie dans la douche de Madame Maria à titre de "formation complémentaire"... C'est toujours mieux que d'apprendre à lire...l'anglais pour comprendre les contrats qu'on signe.

Cosette

"le rôle du directeur est décisif dans la réussite d'un projet scolaire et d'une école."
C'est très très vrai. Certaines écoles ont perdu de leur dynamisme à la suite du départ d'une directrice ou d'un directeur.L'inverse est vrai aussi, l'arrivée d'un nouveau directeur a parfois relancé une école en difficulté.
Très important aussi, les rapports avec les professeurs.Un directeur qui a de mauvais rapports avec le corps professoral crée une mauvaise ambiance qui rejaillit dans tout l'établissement.
Il faut donc bien choisir un directeur et ne pas le transformer en bureaucrate. Ce n'est pas son rôle

Alain

un piston noir sur blanc, ça se trouve ici:
http://david-leloup.blogspot.com/2006/05/un-piston-noir-sur-blanc.html

lionel

Je viens de cliquer sur la lettre, c'est édifiant, mais cela a le mérite dela franchise.

Vive le progressisme

@ Tous,
Imaginez-vous ce qui se passerait avec la réalisation d'un "réseau unique", que nos bons "progressistes" revendiquent comme instrument d'égalité par le bas! Adieu la stimulation compétitive entre bonnes écoles et leurs bureaucratécoles.

On remplacerait vite la statue de la Vierge par celle d'Aréna. Et un Saint Joseph par un DiRupo (en robe de bure). Fini le catéchisme: Happart et VanCau viendrait faire les leçons avec le texte de leur anticonstitutionnelle wallonne. Le cheick molenbeekois viendrait y donner un cours d'histoire comparée des religions. Finalement, lors des fêtes scolaires, ils seraient capables de substituer aux jolies comptines de nos braves chérubins l'interprétation de l'hymne du Coq... et celui de l'Iris composé par Henri Simons! Quel tableau en perspective.

Heureusement, pour les élèves nantis des Ecoles européennes, dans la dispute du pouvoir entre tenants PPE et PSE, et avec l'efficacité du débat hémicycloïdal, cette question n'est pas encore venue à la tribune des chers MEP. Donc, petits d'eurocrates resteront eux à l'abri des sévices mentaux que risquent de subir nos futurs petits en C.F.

Rudolf Menthol

@Tous relativement au message d'Alain.

S'il y a une "offre" pour ce genre de "services", c'est qu'il y a une demande. Il s'agit essentiellement d'un problème de mentalité, non ?

Que fait le belge qui souhaite caser fiston ou fifille au sortir de l'école ? Que fait-il pour faire avancer un dossier qui coince au service de l'urbanisme ? Que fait-il pour obtenir un petit coup de pouce pour obtenir un logement social ?

IL VA A LA PERMANENCE POLITIQUE LA PLUS PROCHE exposer son cas. Et il est très déçu lorsque sa "démarche" n'aboutit pas (auquel cas il maudit les politiques qui ne servent à rien).

Sorry, mais ici je ne me joindrai pas au concert des pleureuses.

Jean-Philippe

@Rudolph,

Et vous trouvez cela normal ?

Même si cela est rentré dans les moeurs, ce genre de situation est tout à fait scandaleuse. Cela revient à dire: Ne faites plus d'études, ne faites plus d'effort, connaissez un homme politique... l'étape suivant est la nomemklatura.

Alain

@"Rudolph Menthol"

n'est-ce pas précisémment là qu'il y a un vrai problème de société? Des pratiques répandues, c-à-d "normales" (dans la norme), ne sont pas légitimes pour autant...

Rudolf Menthol

Mmmh. Le sarcasme ne passe pas toujours bien par écrit.

BIEN ENTENDU que je ne trouve pas ça normal. J'ai vécu (suffisamment longtemps pour me faire une idée de leur fonctionnement) dans plusieurs pays. Nulle part je n'ai vu quelque chose de ressemblant à cela.

Il n'y a qu'en Belgique qu'on peut avoir un truc aussi tordu ... qui apparaît comme "normal" à 90% de la population, qui hurle d'un côté sur ces méchants politiques et leur clientélisme, mais qui sont les premiers dans une file d'attente à leur permanence lorsqu'il s'agit d'obtenir une faveur ...

Replicant

Que proposez-vous M.Destexhe, vous qui êtes expert en enseignement ?

Si "le rôle du directeur est décisif dans la réussite d'un projet scolaire et d'une école.", il peut également être décisif dans l'échec d'un projet, ce à quoi j'ai assisté dans l'école où sont inscrits mes enfants.

Plutôt que de légiférer et de codifier le rôle du Directeur, il faut lui donner les moyens de ses ambitions en lui accordant le cadre professoral et éducatif nécessaire. Arena nous avait promis que les classes surpeuplées seraient de l'histoire ancienne ? Concrètement, sur le terrain, on attend toujours.

Améliorons le statut du directeur en lui proposant, ainsi qu'aux enseignants, un meilleur revenu. Car actuellement, le poste ne propose guère plus qu'un revenu d'enseignant... et pourtant les responsabilités ne sont pas équivalentes.

Enfin, inutile de prendre en exemple l'école européenne, leurs écoles de merde, ils peuvent se les garder, le niveau n'y est guère brillant...

Rudolf Menthol

@Replicant

Un peu de lecture pour vous ("Enseignement francophone : qu'avons nous fait du refinancement ?") :

http://www.fundp.ac.be/facultes/eco/recherche/cahiers/2006/serie-33.pdf/view

Quelques extraits:

---------------------
Les dépenses publiques d’enseignement, en pourcentage du Produit Intérieur
Brut sont en Communauté française les plus élevées du monde après le Danemark.
On ne peut donc pas reprocher à nos concitoyens de trop peu financer, via l’impôt,
leur enseignement ; on ne peut pas non plus reprocher aux décideurs politiques
d’affecter dans les budgets trop peu de moyens à l’enseignement.
Le taux d’encadrement (rapport enseignants/élèves) dans le primaire est
nettement plus favorable que la moyenne européenne. Dans le secondaire, il est
plus favorable que dans tous les pays, à l’exception (peut-être) du Portugal. Il est, de
ce fait, paradoxal que nous souffrions d’une pénurie d’enseignants.
La Flandre, dont le taux d’encadrement est moins généreux que le nôtre, ne
connaît pas de pénurie d’enseignants, malgré un taux de chômage bien plus bas que
chez nous.
---------------------

Malgré cela, notre enseignement est parmi LES PLUS MAUVAIS et les plus discriminatoires en Europe.

Avant de réclamer ENCORE PLUS de moyens et ENCORE PLUS d'enseignants, peut-être faudrait-il améliorer un peu la crédibilité du système et montrer qu'il peut arriver à des résultats ?

E. G.  Simon

@ Rudolf M.
"Avant de réclamer ENCORE PLUS de moyens et ENCORE PLUS d'enseignants, peut-être faudrait-il améliorer un peu la crédibilité du système et montrer qu'il peut arriver à des résultats ?"

Je partage pleinement cette vue. Lorsque quelque chose "d'humain" ne se porte pas bien au sein d'une organisation (= l'enseignement), ce n'est pas en "arrosant inconsidérément" comme par le passé qu'il y a un espoir de corriger les défauts installés et d'éliminer le laxisme.

En U.K., un gars comme Blair et son gouvernement (de gauche) ont compris le besoin de changer les us et coutumes, en accordant plus de pouvoir aux écoles et leur corps enseignant ("empowerment"), avec des exigences couplées de RESULTATS. Donc en changeant une partie d'un système corrodé par l'habitude, en l'actualisant aux changements profonds de la société. Mais voir les levées de boucliers de N côtés...

Comme past-président d'une association de parents, j'ai observé le milieu, l'effet pervers de sa politisation, l'importance cruciale d'un directeur doté de forte personnalité ("un manager") et son inverse ... destructeur! En tant que A.P., nous avons bataillé avec un pouvoir organisateur abscons et des clans d'enseignants "figés dans leurs habitudes et habilement maniés par les syndicats". Un contexte sans guère de solution durable.

@ Replicant: "Arena nous avait promis que les classes surpeuplées seraient de l'histoire ancienne?"

Je vous suis. Pour de BONS enseignants, ce critère n'a jamais été le plus déterminant. Mais il leur faut le soutien moral et d'autorité d'un directeur à forte personnalité, reconnue autant chez les parents. La collusion entre partis et syndicats belges perpétue les défauts historiques. En moyenne (cfr. le terrain et des débats T.V.), il faut toutefois reconnaître plus d'intelligence aux écoles libres et à la CSC qu'à celles officielles avec le "chapeau de plomb" PS x FGTB qui les fige! Devant la dénatalité (donc des classes de plus en plus réduites) les syndicats n'ont comme logique que de réduire les "normes d'encadrement", ce qui préserve artificiellement leurs effectifs et les droits acquis. Ici, ils sont puissamment aidés par certains "centres de pédagogie expérimentale" qui contribuent propager des idées fausses (ex.: école de la réussite et discrimination positive, slogans à la Onkelinx '90s). Apparemment, la suite n'est pas meilleure avec Mme Simonet maintenant entravée avec les collectifs estudiantins. Clientélisme à plusieurs niveaux!

Lorsqu'on suit l'actualité des cas de violence scolaire (où Arena & Co ont surtout tenté d'étouffer les affaires), on ne peut que recommander une action: la saquer, pour incompétence ou conduite irresponsable. Mais DiRupo a trop besoin de son "cercle de femmes" pour peser sans trop de contestations!

Toujours @ Replicant: "Plutôt que de légiférer et de codifier le rôle du Directeur,".

Pour installer une dynamique dans n'importe quelle organisation humaine, il faut pouvoir changer les têtes. Or, généralement, l'école est un milieu où ça ne se passe guère! Donc, peut-être faudrait-il ajuster le "système" afin que la MOBILITE professionnelle fasse partie d'une Belgique en cours d'amélioration? Bravo en tout cas au révélateur que fut P.I.S.A.!

Jean-Philippe

@Rudolph,

Ma remarque était du même style que la vôtre: Sarcastique, mais elle n'est visiblement pas mieux passée.

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