Ma Photo

Inscription

Blog powered by Typepad

« Urgence de la réforme fiscale - bis | Accueil | Marché du travail et personnes d'origine étrangère »

04 avril 2006

Commentaires

Promethee

Concernant la sécurité sociale et au titre de la parenthèse, on notera que l'emploi du terme "réforme" par tout élu ou haut-fonctionnaire non encarté au "Parti du progrès linéaire", est automatiquement taxé de signe de la bête, d'antichambre de l'apocalypse sanitaire, voire de réflexe d'extrême-droite. Très pavlovien...

Je suis toujours étonné de constater combien nos semblables assimilent le terme de "réforme" à celui de "suppression", les mêmes qui sont tout aussi persuadés qu'au-delà de nos frontières, il n'y a que des répliques de la "Cité de la joie".

Robert  J

"3. Devant dégager des marges pour ses actionnaires et multipliant le nombre d’acteurs, l’assurance privée afficherait des coûts et des frais administratifs plus importants (l’INAMI et les mutuelles concentrent 4,47% de leur enveloppe aux frais administratifs contre 14% des primes aux USA)."

c'est ce point mais aussi celui de l'"angélisme" de ceux qui ne doivent pas faire de bénéfice qui pourrait faire l'objet d'un débat serein.
Car il faut comparer des choses comparables:les sociétés publiques et/ou coopératives réalisent parfois de très bonnes prestations qu'il ne faut pas toujours dénigrer par principe.
D'un autre côté il est aussi stérile de diaboliser la nécessité de faire des bénéfices :ces derniers servent aussi à rémunérer par dividendes les deuxièmes et troisièmes piliers des retraités qui paieront..
des taxes...

E.G.  Simon

J'ai parcouru un moment le site UNMS (www.mutsoc.be), pour obtenir laborieusement leur download de "RENOUER", une revue en 16 pages.

Un bon prof. de français m'enseignait qu'avant de lire un livre, il faut scruter le contexte de sa publication, bien en identifier l'auteur et l'éditeur, le ton, ... bref en faire une lecture critique, intelligente. En effet, dès la p.1., l'éditorial est rédigé sur le mode "Des performances menacées" par B. De Backer, Sec. général de l'UNMS. Message à connotation idéologique, pas un seul chiffre synthétique, rien que des propos alarmistes, sauf si ... [ Docteur Marshall va-t-il aussi passer par là? ]. Le ton est donc clairement donné, on en rougirait de honte ...

Un autre prof. (celui-ci en statistiques & finances) nous disait de se méfier des chiffres dont les fondements ne sont pas clairement documentés, ni directement comparables! N'en est-il pas ainsi en voulant comparer les USA et la BE, où les systèmes et coûts médico-sociaux sont organisés aux antipodes l'un de l'autre? Facile de discourir "à la UNMS".

Neutre et rigoureux l'esprit du texte? Voyez dans la revue en question! Car il y suit (en pages de 4 à 8) l'interview de leur directeur "service études" avec une liaison appuyée vers le n° 43 de la revue Politique, un bimestriel de débats (gauchos) qui consacre cette fois son thème principal au système belge de santé ... Fil conducteur de l'entretien : sommes-nous déjà engagés dans un processus de dépeçage de l'assurance maladie publique et d'allégeance à une logique de privatisation maximale? Puis en 7e page, une invitation à acquérir ( 6€ ) le n° 43 de ladite Revue.

L'interview du directeur "service études" se termine ainsi par (propos de Mr J-M. Laasman):
""Je dirais donc, en résumé, que dans un système de soins de santé basé sur le financement collectif, nous avons davantage le devoir de la maîtrise des dépenses et de l'efficience car c'est une condition nécessaire de la solidarité. Du débat socio-économique qui a fait l'actualité de ces derniers mois, il ressort que le consensus social autour du financement solidaire des dépenses de soins de santé dans notre pays ne peut être maintenu qu'à deux conditions : Primo, du côté des recettes, un financement plus équitable de la sécurité sociale, c'est-à-dire élargi à d'autres revenus que ceux du travail. C'est dans cette optique, que le pacte de solidarité entre générations prévoit un financement alternatif élargi de l'assurance maladie. C'est avant tout une question d'équité. En 2005, 72% du financement de la sécurité sociale reposait sur les revenus du travail alors que le poids des allocations liées au travail représentait, lui, 55 % des dépenses de sécurité sociale.
Secundo, du côté des dépenses, une meilleure maîtrise des dépenses de soins de santé. Ce qui signifie modérer la croissance des dépenses, notamment par l'encouragement à l'utilisation rationnelle des soins. [C'est vrai qu'il y du perfectible ... mais en TOUT].

La filet de l'amalgame est ainsi tissé pour justifier les mesures d'équilibrage budgétaire de Mister Demotte. Du "scientisme" pur et dur (je croyais pourtant qu'il s'agissait d'une secte interdite?). Débattons alors de "Coûts" versus "Bénéfices": directement comparables?

"Coûts": de quoi parle-t-on donc, qu'y met-on, comment ça se collecte, où ça s'en va-t-il avant de revenir enfin chez le patient et chez son prestataire de soins? Où est la transparence comparée de l'un et de l'autre "système" entre USA et BE: nulle trace, rien que qq. grossières références statistiques! Peut-être devraient-ils demander à l'armada d'instruments EUROSTAT de fournir à UNMS et Mister Demotte un comparatif "benchmark" réellement calculé?

"Bénéfices": on parle de ceux réalisés par qui? Dans l'UNMS & Co? Au profit du patient et du prestataire ou au travers de la chaîne des intermédiaires mutualistes? A nouveau, sur quel benchmark se base-t-on pour affirmer le prochain "collapse" d'un système politique?

Car si les USA ont des pratiques "imparfaites et inéquitables", leur taux de croissance économique (3 à 4%) et leur taux de chômage moyen (5 %) les placent bien mieux que nos 1,9% et 20% dont le système socialo-gauchiste moyen se flatte de nous l'avoir fabriqué! Oui on peut trouver ça et là des "cas" regrettables, mais pas de quoi en faire une loi universelle des inégalités, on a déjà eu celle de "compétence universelle", ça nous suffit!

Vient enfin le propos-slogan miraculeux : ""Ré-allouer une partie des moyens aujourd'hui essentiellement concentrés dans le curatif vers le préventif demande donc un certain courage politique." Rien qu'en politique? Et pour inventer quelle structure ajoutée de prévention SVP?
Où donc vont-ils mettre la RESPONSABILITE personnelle du patient dans tout cela ? Leitomiv efficaces: Obèses, maigrissez! Bronchitiques: cessez de fumer! Jeunes sourds-dingues bourrés d'acouphène, arrêtez de brancher vos oreillettes à 95 décibels MP3 !
Ah, l'omnipotence collectiviste ...

Alex

Tiens à ce propos Monsieur Destexhe, pouvez-vous confirmer que l'Herceptine et le Cetuximab vont être remboursés, deux molécules dont on a stigmatisé (à raisons) le non-remboursement par l'Inami ? Je l'ai lu dans la presse néerlandophone mais, aussi étrange que ça puisse paraître, je n'ai pas vu de communication de Demotte sur le sujet.

Si c'est le cas, ça change pas mal la donne par rapport à votre conclusion assez pessimiste.

Autre chose, pouvez-vous confirmer Demotte quand il affirme que l'assurance-maladie est en "boni" cette année. Je n'ai trouvé encore aucune source pour décrire clairement ce "boni". Sans doute que vous être mieux informé au Sénat.

Sur le fond, je crois que tous les débats méritent d'être ouverts et celui-ci en premier mais je reste, pour ma part, convaincu que le modèle d'assurances privées ne fait que remplacer la contrainte étatique par celle du privé. Et celle-ci, dans le domaine de la santé, peut parfois être bien pire.

Nous avons en Belgique un système géré de manière très libréale où le libre choix du patient est la règle. la plupart des régimes d'assurances privées sont basés sur le "managed care" et imposent à leurs assurés le choix des praticiens, des hôpitaux, etc... . La boucle est bouclée par le fait que les gros conglomérats d'hôpitaux sont rachetés par les assureurs (notons qu'en Belgique, nous n'en sommes pas loin quand on sait qu'une bonne part du réseau hospitalier est au main des mutuelles).

Au plaisir de vous lire.

Adam Smith

@ Alex,

Le journal l'Echo indiquait le 24/03/2006 que le budget de l'assurance maladie serait en boni cette année (comptes 2005) mais que les chiffres précis sont indisponibles.

Pour plus d'infos, voyez : http://www.lecho.be/actualite/ligneinfo_fichenews.jsp?rss=1&indice=67168

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.