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« "Les parvenus" ou "sans commentaire (5)" | Accueil | Le "New Deal" canadien »

26 mars 2006

Commentaires

Jean-Philippe

Au risque d'être accusé de faire un procès d'intention, je me demande dans quelle mesure il ne s'agirait d'une tentative flamande de vider la sécurité sociale de sa substance.

En effet, la sécurité sociale ne sert qu'à payer des chômeurs Wallons souvent malades ou des profiteurs qui abusent du système selon une pensée largement répandue en Flandre.(Que je ne partage nullement) Vu le refus systématique des partis Francophones de scinder la sécurité sociale, les politiques flamands, outrés des transferts Nord-Sud, préfèrent une privatisation de la sécu. Obtenant ipso-facto ce qui leur est refusé au nom de la solidarité. Peu leur chaud que l'ouvrier flamand ne pourra être soigné qu'au prix fort (ou faute de moyens, pas soigné du tout. En se tournant vers le secteur privé, ils affaiblissent l'INAMI et tôt ou tard, elle sera vidée de raison d'être. Ne bénéficiant que de l'argent Wallon, il ne sera plus nécessaire de la scinder.

Nous serons alors confronté à une sécurité sociale à l'Américaine avec toutes les dérives que cela implique.

Gadrel

Cher Jean-Philippe,

Qu'est-ce qui vous pousse à penser - alors que pour n'importe quelle autre activité humaine, les services étatiques coûtent toujours beaucoup plus cher que les mêmes services privés - que la séurité sociale étatique coûterait moins cher aux patients qu'une sécurité sociale privée ?

A moins que vous ne considériez que, à prestations identiques, les prestations de l'état sont toujours moins chères que les prestations privées ? Alors pourquoi ne pas aller au bout de cette logique et demander la nationalisation de toute forme d'activité humaine ?

Comme le disait je ne sais plus qui : les pauvres ont de bonnes voitures et de mauvais hôpitaux.

Le problème de la sécu américaine, c'est qu'elle est largement étatisée. Il faut se sortir du crâne que les USA sont le pays du libéralisme : il s'agit juste d'un état un peu moins étatisé que les autres.

Alexis de Tocqueville

Pour poursuivre sur la logique de Gadrel, je dirais que notre système dont les socialistes vantent les "énormes qualités" est, paradoxalement, LARGEMENT libéral (Di Rupo dit souvent qu'il est le garant de la médecine libérale...): libre-choix du prestataire et de l'hôpital, liberté de s'assurer en soins dans le privé, libre-choix de sa mutuelle, médecins et prestataires majoritairement indépendants et professions libérales(kinés, infirmières, etc.). Sécu différente entre employés et indépendants. Quote-part patient (part payée par le patient) non-négligeable et en croissance constante, etc. Le vrai système étatique est le NHS anglais et c'est une catastrophe. Tous ceux qui le peuvent se font soigner dans le privé à leur propre frais. C'est la médecine à deux vitesses à plein nez. Et je ne parle même pas de la médecine post-soviétique...

Jean-Philippe

Cher Gadrel,

Où ai-je parlé de différence de prix ? Dans mon post, je crains un nouvel agenda caché de la Flandre pour des motifs politiques visant au séparatisme. Je souligne que, danbs ce cadre, le prix auquel sera soigné l'ouvrier Flamand leur importe peu.

Privatisée, la sécurité sociale offrira une large gamme de prix et de services. Comme pour les assurances, les formes de couvertures sont variées. Mais si la compagnie X propose un contrat à 500€ et que la compagnie Y en propose un similaire à 100€. Ne coyez pas, en cas de sinistre, que Y vous remboursera comme X. ça c'est de la fiction.

Sans vouloir défendre le modèle de sécurité sociale Belge, j'estime que vouloir le détruire pour des motifs qui sont totalement indépendant de la recherche du bien des citoyens est dangereux et risque de coûter cher.

Pour votre info, je citais le modèle US à titre de contre-exemple.

EmigréParDégoût

Pour l'idée que le privé coûte plus cher, il faut arrêter de dire n'importe quoi. Pendant 3 ans j'ai eu une assurance médicale 100% privée qui m'offrait une couverture bien supérieure à celle "donnée" par la sécu belge. Coût annuel : 1800€. Je précise que j'avais plus de 40 ans et avais déclaré être fumeur, donc pas le cas de rêve. 1800€ par an pour être couvert partout dans le monde sauf l'Amérique du Nord sans devoir remplir de papiers particuliers si je me faisais soigner ailleurs que dans le pays de l'assurance. Couverture à 100% d'absolument tout ce qu'on peut imaginer moyennant une franchise annuelle de 400€. En termes simples, cela veut dire que pendant cette période, quoiqu'il puisse m'arriver au niveau santé, cela ne pouvait pas me coûter plus de 400€ par an. Une assurance très solide, donc, pour 150€ par mois, à comparer au prélèvement mensuel sur les salaires belges...

alex

@Emigrépardégout:

Et c'était dans quel pays, ça?

EmigréParDégoût

"Et c'était dans quel pays, ça?"

La compagnie d'assurance en question est anglaise et n'est pas seule sur le marché. On peut être client chez eux à ce tarif et ces conditions quelque soit le pays dans lequel on réside. Donc si l'"assurance" de l'Etat belge n'était pas obligatoire, la concurrence aurait tôt fait de lapider ce système de parasites.

alex

Mais sommes-nous obligé de cotiser pour la sécu?

Ai-je rêvé ou ai-je vraiment lu qqpart que l'on pouvait décider de s'assurer entièrement privé, par effet d'une directive européenne?

Adam Smith

@Emigrépardegoût,

Effectivement, cette assurance privée semble rentable. Il faut cependant voir quel sera la prime lorsque vous atteindrez l'âge de 50 ans et si vous pourrez encore vous faire assurer après 65 ans. Même fumeur, vos risques actuels sont faibles et vous n'allez probablement pas souvent au médecin.
Par ailleurs, un système où il existe une franchise sur les 400 premiers euros va dans l'ensemble coûter moins cher à l'assureur qu'un système où 30% des coûts restent à charge du patient (système belge) pour toutes les personnes en bonne santé.

Au passage, les cotisations ONSS couvrent la "prime" de soins de santé mais également les autres piliers de la sécurité sociale (allocation familiales, chômage, ...).

Enfin, un système de prime en fonction du risque sera toujours moins cher pour les individus en bonne santé. 20% de la population est responsable de 80% des dépenses de soins de santé.

EmigréParDégoût

Je ne sais pas comment est calculée la prime, mais au moment de m'assurer, je m'étais renseigné auprès de gens dont la famille entière y est assurée, y compris les parents et grand-parents. J'ai oublié le nom de leur concurrent principal, mais pour les deux compagnies tous les échos étaient très positifs, le témoignage qui revenait le plus souvent était "trouble-free". Les remboursements se font également très vite et pour les hopitaux ils payent directement sans que le patient doive avancer l'argent.

Cosette

Plusieurs personnes sur ce blog reviennent souvent avec ce thème des assurances privées mais je reprend ici un bout de mon intervention dans le post précédent :
"je ne crois pas que les assurances soient des sociétés philanthropiques
Voyez autour de vous le nombre de gens qui se plaignent des assurances. Toujours plus chères et toujours plus avares pour rembourser."
On a un système qui fonctionne plus ou moins bien mais cela pourrait être pire. Et puis je le rappelle, on n'est pas tous égaux devant la maladie, les accidents etc....

EmigréParDégoût

Ah, Cosette ! Toujours vos propos supposés consensuels. J'espère que vous arrivez au moins à vous rassurer parce que ce que vous dites est faux.

Le système belge ne fonctionne pas plus ou moins bien, il fonctionne plutôt mal. Il coûte les yeux de la tête en n'assurant qu'une couverture moyenne pour les gens. Il est même choquant par certains côtés. Quand je travaillais en Belgique, j'y gagnais assez bien ma vie pour ne pas avoir besoin qu'on me rembourse des médicaments pour la grippe mais j'en bénéficiais quand-même. Par contre dans le même temps des gens se retrouvent ruinés quand un membre de leur famille a besoin de soins intensifs.

Je remarque que ceux qui, comme vous, colportent les "on dit" sur les assurances privées n'y ont tout simplement pas fait appel. Et je remarque aussi que les gens qui se plaignent de leurs assurances sont aussi incapables de lire et comprendre un contrat. C'est cette incapacité qui conduit au besoin d'assistanat.

Quand vous faites remarquer que les assurances ne sont pas des sociétés philanthropiques, vous enfoncez une porte ouverte. Mais c'est insidieux parce que en disant cela vous exprimez l'idée fausse que le système belge et ses mutuelles le sont. Non seulement ce système n'est pas philanthropique, mais il est en plus placé en situation de monopole légal.

Enfin, quand vous dites "cela pourrait être pire", vous vous faites peur de ce qu'un autre système pourrait être tout en vous satisfaisant de la situation médiocre dans laquelle vous vous trouvez.

Adam Smith

Le système belge ne fonctionne pas bien parce que les priorités ne sont pas bien définies, parce qu'on dépense pour des choses inutiles comme le vaccin de la grippe que tout un chacun peut se payer. Une grande partie du problème vient aussi de la volonté de socialistes de transformer notre système de sécurité sociale basé sur la couverture d'un risque à un système d'assistance sociale. On tue le système à petit feu : plus vous gagnez, plus vous cotisez et moins on vous rembourse. Est ce encore de la solidarité ? On commence à atteindre les limites du système.

Ce qui me gêne avec le privé, ce n'est pas que c'est "privé", c'est plutôt que dans le domaine des soins de santé, on a un problème avec la répartition des risques : 80% des dépenses sont générées par 20 % des personnes. Ces personnes sont des handicapées, des malades chroniques ou encore des personnes mourantes (les dépenses la dernière année de la vie sont énormes). Ces personnes ne sont pas rentables pour une compagnie privée, même si on prélève une "prime de solidarité" de quelques pour cent sur tout le monde pour couvrir leurs remboursements.

Adam Smith

@EmigreParDegout,

Qu'entendez vous pas le fait que le système belge et les mutuelles ne poursuivent pas un but philantropique ? Il n'y a ni "actionnaire", ni dividendes distribués par les mutuelles. J'imagine que ce mot revêt un autre sens pour vous (donc merci d'éclairer ma petite lanterne).

EmigréParDégoût

Je reprenais Cosette dans son utilisation de la lapalissade "les assurances ne sont pas des sociétés philantropiques". Il me semble évident qu'elle a voulu mettre en évidence que le but de ces sociétés est le gain, par opposition à notre système qui n'aurait pas de but lucratif.

Or, je pense que le système belge a différentes composantes qui ont des but non seulement lucratifs, mais aussi de pouvoir, et tout aussi éloignés de la volonté d'assurer la meilleure santé possible pour tous.

On trouve un but lucratif dans les mutuelles et les assurances privées complémentaires.

Les mutuelles ne sont qu'un système parasite qui s'intercalle entre l'Etat qui récolte les cotisations et distribue les remboursements. Ces parasites n'ont d'autre but que de verser des salaires à leurs employés et dirigeants. On a donc bien un but lucratif.

Les assurances complémentaires sont privées et donc à but lucratif. Elle font partie intégrante du système belge parce qu'elles sont devenues nécessaires pour assurer une couverture répondant aux attentes des gens. Ces assurances complémentaires font très souvent partie du "package" salarial, ce qui fait que beaucoup de gens en se rendent pas compte qu'ils payent en réalité deux systèmes : un public et un privé.

Il est bien clair que je ne trouve pas honteux qu'une organisation ait un but lucratif. Tout travail mérite compensation, y compris celui de soigner les gens. Mais imaginer que le système de sécurité social belge est fait d'entités désintéressées, c'est rêver en couleurs.

Un autre aspect, que là je trouve abject, est la recherche de pouvoir à travers la mainmise sur le système de sécurité sociale. Ceci est bien une caractéristique du système belge et est permise ou en tout cas facilitée par le fait que ce système est largement étatique.

Concernant le problème des 80/20 et des personnes non rentables. Ce problème est commun à tous les produits d'assurances. D'autre part, on peut imaginer qu'il est du ressort de l'Etat d'édicter les règles du marché et il peut y inclure de ne pas autoriser une compagnie d'assurance à refuser des clients sur un critère d'âge, par exemple.

Pour ce qui est des personnes handicapées, il s'agit d'un cas particulier qui, je trouve, n'est pas tellement une question de soins de santé, puisqu'on parle ici d'un état permanant. Je trouve sain qu'une partie des impôts serve à assurer une existence décente aux personnes handicapées. Il n'y a sans doute pas d'autre moyen pour y parvenir, d'ailleurs.

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