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11 mars 2006

Commentaires

E.G. Simon

1) Pour avoir observé Mr Jadot durant les '90s et pu interagir publiquement avec lui (Congrès des économistes de langue française, etc.), j'avais alors pensé: intelligent, l'intéressé l'est. Finaud, sans aucun doute. Fin connaisseur des arcanes de l'administration, c'est une évidence. Sous son image d'homme posé, il reste toutefois armé d'un "schéma mental" analogue à celui d'affilié FGTB. Bref, il restera un de ces fidèles "piliers", serviteur d'un PS en mal de réforme.

2) Devant les demandes de fonctionnaires ex-communistes DDR, ou encore face à l'avenir d'une U.E. du travail en crise profonde, son profil en fait-il un "visionnaire", un guide éclairé? J'ai surtout remarqué son habile sens de l'esquive lorsqu'on confrontait l'homme à des hypothèses, des chiffres et projections qui devraient forcer à raisonner "autrement que sur des statistiques" (ces reflets d'un passé révolu).

3) Je lis: ...... divers débats à travers lesquels s'échafaude le modèle social européen. (...) ......
Remarquons que le "modèle social" belge, autant que ceux "multiples, européens", n'ont fait leurs bonnes preuves que pendant les Trente Glorieuses (1946-1975). Car depuis lors, çà fait surtout 30 années de tensions et problèmes récurrents v-à-v desquels aucun devin n'a éclairé nos dirigeants publics, ni calmé l'ardeur de nos protecteurs "forces du travail". En matière d'emploi (devenu l'enjeu N°1 partout en Europe), aucun dirigeant n'a déclenché une explosion de la demande de travail (en dehors de courtes périodes de croissance économique normale, alors sans guère d'intervention marquée du politique). En phases de dépression, nos gestionnaires de l'emploi ont alors surtout tâché de "colmater des brèches" par des dispositifs de transition, non durables. Pas de miracle, la recette est connue : une économie saine et un état d'esprit positif, c'est çà qui fait la dynamique du bien-être.

4) Existe-t-il une volonté d'en changer? Un voeu, certainement. Mais les schémas mentaux des latins Di Rupo & Co ne sont pas aisément comparables à ceux d'un ex-Chancellier Schroeder. Pas plus que l'esprit FGTB ne se compare à l'intelligence de certaines élites dans IG-Metall. Un net écart culturel. Des discours lénifiants, contre un sens du pragmatisme en Outre-Rhin.

5) Sous la législature du Premier J-L. DeHaene (durant les '90s.), le thème du "vieillissement" des populations n'était pas une variable considérée comme importante. Aux USA déjà, John Naisbit (auteur de "Megatrends", publication 1981) nous en avait notifié la tendance lourde. Des experts du Bureau du Plan belge y avait d'ailleurs conclu qu'aucun problème d'équilibre de notre sécurité sociale ou du système de "pension par répartition" n'était visible avant 2010, voire jusqu'à 2030? (scientifiquement, cela dépend du modèle et des hypothèses d'une prospective inexistante alors). Mais la hauteur de la dette publique était déjà bien là! Depuis on débat d'une perspective et de solutions plus réaliste, dans TOUS les Etats-Membres.

6) Pour conclure: quelle méthode? Au sein des institutions et des E-M. de l'U.E., une marotte consiste à jouer systématiquement le "benchmarking". C'est effectivement utile, mais encore faut-il choisir des repères pertinents. S'il s'agit d'unifier, de niveler, la pratique semble assez simple.

A contrario, lorsqu'une structure de société devrait vivre une "lente et profonde transformation" (car le contexte interne ou celui extérieur sont en état de bouleversement), ma thèse et mon vécu indiquent que la méthode de benchmarking oublie un terrible effort d'imagination à réaliser sur soi-même (= INNOVATION ORGANISATIONNELLE )! D'où ressortent sinon des risques - fort souvent constatés - d'un développement "par imitation" plutôt que cette salutaire créativité endogène. (Trop long diront encore certains, sautez donc).

Alexis de Tocqueville

C'est probablement l'extrême complexité et par là l'inertie du système qui a apeuré les délégations dont parle Michel Jadot. Mais encore une fois, la privatisation même partielle du secteur porte atteinte à un triple vache sacrée : psychologique d'abord (on n'imagine même pas ne pas être remboursé pour le généraliste), communautaire (la sécu est le seul dernier ciment belge) et clientéliste. Des dizaines de milliers de jobs plus ou moins sous contrôle des partis politiques sont en jeu. Les va-et-vients entre mutuelles et cabinets ministériels sont permanents.

cedlex

Plusieurs hautes figures du cabinet Demotte comme Ri De Ridder sont maintenant "casés" à l'INAMI. Le cabinet De Galand était entièrement "mutualité socialiste". Le patron de la MS siège au Bureau du PS au même titre que le patron de la FGTB. Et le CVP et le PSC n'agissaient pas autrement. Mais informer de cela les lecteurs des journaux ne serait pas "convenable" dans le landerneau journalistique. Ce serait "poujadiste"...

alex

Je m'attendais à quelque chose de plus argumenté de la part de ce Mr Jadot, d'après la mise en bouche du dernier post de Mr Destexhe.

Ici, je lis simplement que des délégations de l'est sont venues nous rendre visite et qu'elles n'ont pas été convaincues par notre système, qu'une sorte de chauvinisme (et c'est sans doute le seul domaine dans lequel le belge est chauvin...) nous fait vendre pour le "meilleur du monde". D'ailleurs, ces gens ne sont pas des défenseurs du système social à la belge, pouvons-nous lire.

Ok. On peut dire que leur expérience communiste leur fait prendre une route toute différente, mais bon, que dire d'autre?

Est-ce la seule critique émise par Jadot?

Cyril

Notre modèle ... n'en apparaît pas un pour les nouveaux pays d'Europe que se sentent plus proches du ... modèle anglo-saxon.
Je crois qu'il y avait beaucoup d'espoir en Belgique et en France que les pays de l'Europe de l'Est adopte la retraite par répartition ou le dialogue social avec des syndicats surpuissants.

Adam Smith

Si Mr Jadot a fait peur aux délégations de l'Europe de l'Est, c'est peut-être aussi parce que, bien que connaissant les points forts de notre système de sécurité sociale, il connaissait également les points faibles de celui-ci et n'a peut-être pas voulu les cacher (il s'est toujours vanté de disposer d'une certaine liberté de parole... limitée évidemment par la particratie).

Il a réalisé différents rapports d'évaluation sur la situation de l'emploi en Belgique. "Ces rapports sont nés de sa frustation de devoir travaille dans un système fédéral qui ne lui permette pas de disposer de tous les leviers nécessaires à la politique d'emploi" (je cite une interview dans l'Echo).

Il a également initié des rapports en ce qui concerne les soins de santé, pour analyser si effectivement il y avait bien cette fameuse énorme différence de consommation de soins de santé entre les wallons et les flamands qui justifierait qu'on complexifie encore davantage notre système de soins de santé (et qui le rendrait encore moins performant).

Je ne suis pas un "Jadotiste" convaincu mais force est de constater qu'il a des positions un peu plus convaincantes qu'un FGTBiste de base ...

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