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29 juin 2006

Commentaires

Emile BONTE

Bonjour Alain,
comme tu vois, dès que tu parles de l'Afrique, je suis là........
Ce nouveau guide existe depuis qq mois dans la collection "PETIT FUTE",
beaucoup moins interessant que l'ancien mais satisfaisant quand même et avec préface de Louis MICHEL........
Emile BONTE

Alexis de Tocqueville

Pourquoi ne pas réengager des "Blancs" dans l'administration congolaise (si possible pas du cabinet Daerden) comme le demandent certains intellectuels congolais? Ils auraient le statut d'expats, avec contrats de travail normaux. On éviterait toute velleités post-coloniales...
Le problème soulevé par AD entre les lignes est la mauvaise transition du savoir et du know-how au moment de l'indépendance. On n'a pas formé suffisamment de cadres pour reprendre les rênes du pays. Combien le Congo possédait-il d'ingénieurs par exemple pour reprendre l'entretien des voies, routes et ponts? Une poignée. C'est en partie cela le drame de la décolonisation.

melodius

Ce n'est pas à nous de régler les problèmes du Congo, ni encore moins à aller se la jouer "Boula Matari, le retour". Votre proposition donne à penser que les universitaires congolais, et aujourd'hui, ils ne manquent pas, seraient intrinsèquement plus bêtes que les blancs sans qui par conséquent ils seraient incapables de s'en sortir.

Si on veut réellement aider le Congo, la meilleure chose que nous pouvons faire est d'abandonner toutes les barrières au commerce avec ce pays et de ne plus nous mêler de ses affaires.

promethee

Melodius,
Si je te suis entièrement sur la question de la levée des barrières et autres contingences imposées aux productions du Sud, autant je doute que toute autre forme d'appui soit à écarter (pour autant qu'il soit bien penser).

Certes, le propos est lapidaire et très humoristique mais je doute que les exportations de lotoko (vin de palme) à Matongé ou à Barbès suffisent à financer, prenons un cas au hasard, la réinsertion sociale des "shegges" (enfants des rues) qui deviennent (très) problématique (criminalité, embrigadement dans les milices, etc).

Pour revenir à ce qu'écrivait Alexis de Tocqueville, je ne suis pas non plus opposé à son idée pour autant qu'il n'y ait pas de dessous néo-coloniaux derrière. A considérer des pays comme ceux du Golfe et d'autres en Asie, il n'est pas rare de faire appel à de la main d'oeuvre qualifiée étrangère (je ne parle pas ici des esclaves philippins ou Thaïs de Dubaï). De plus, je doute que la diaspora congolaise soit numériquement suffisante pour les prémisses du redressement du pays, pour peu même qu'elle ait la volonté de rentrer en masse.

promethee

NB: pour ce qui est du "Routard" sur la RDC, ce n'est qu'une opinion mais j'ai l'impression qu'il s'agit plus d'un coup de marketing qu'autre chose. Déjà, la préface signée d'un homme politique suscite bien des questions, fusse-t-elle écrite par un amoureux sincère de l'Afrique qu'est "Mafuta mingi", Le commissaire Louis Michel. Pour les conseils de voyage, certes, cela peut sembler amusant mais trop court et parcellaire, normal, pour un pays 80x plus grand que la Belgique. A considérer la déglingue du pays, on imagine mal un expatrié (primo-arrivant à Ndjili) voyager dans le pays sans, au choix, un service du protocole (I -heart- your dollars), un transfert de la MONUC, un collaborateur d'ONG et une chambre climatisée au Memling....

J'attends le Routard sur le Nigeria.....

melodius

Prométhée, je te signale que le Congo possède en son sol de vastes ressources minières qui expliquent bien des choses...

La main-d'oeuvre qualifiée étrangère viendra lorsque les sociétés congolaises en auront besoin et seront prêtes à les payer; ce n'est pas du tout la même chose que de mettre des technocrates européens à la disposition du gouvernement congolais et aux frais du contribuable étranger.

Je crois que l'aide au développement a abondamment démontré que non seulement elle ne servait à rien, mais qu'elle est même une partie du problème. Tous les Congolais un peu réfléchis que je connais le disent.

L'Afrique a été le principal "bénéficiaire" de cet argent, et on voit où elle en est aujourd'hui. La comparaison avec certains pays asiatiques, plus pauvres que la moyenne africaine lors de la décolonisation, est tout à fait éloquente.

melodius

J'espère que le routard RDC précise où on peut se fournir en armes ou munitions si on veut traverser le Kivu, ou l'étiquette à adopter lorsqu'on assiste à des massacres de villageois, précédés par des viols en masse de femmes de tous âges, avec une prédilection marquée pour les enfants prépubères et les personnes âgées.

promethee

Melodius,
Je le sais bien, je le sais fort bien que le Congo est un "scandale géologique" mais les matières premières ne permettent pas de reconstruire un pays sur le long terme, c'est économiquement (très) difficile et le pays en a déjà fait bien les frais avec le cuivre sous l'époque Mobutu.

Ici, je fais même l'économie de parler de l'état de délabrement des sites d'extraction, un problème gigantesque au-delà des questions de main d'oeuvre.

Le problème du Congo et de l'Afrique en général, c'est qu'il a une économie majoritairement primaire et je ne t'apprends rien à ce sujet.

Concernant la main d'oeuvre étrangère, je ne crois pas qu'il faille être frileux concernant la fonction publique. Si ce pays réussit l'expérience d'agences performantes, fonctionnant avec des méthodes du privé mais à vocation universelle, on peut imaginer la présence de "formateurs" de court ou moyen terme pour épauler les ressources humaines locales, le temps d'une transition adaptée. Pour ce qui est du secteur privé, là, je suis entièrement d'accord avec toi.

L'idée n'est pas évidemment d'avoir des ministres congolais comme des marionnettes et des directeurs de cabinet imposés directement depuis la rue des Petits Carmes. L'époque de Tintin au Congo et tout l'esprit qui l'accompagne, heureusement, c'est terminé!

Pour ce qui est de la comparaison entre l'Asie et l'Afrique, tout dépend qui on compare. Singapour n'est pas la Birmanie, le Japon n'est pas le Laos, Taiwan n'est pas le Cambodge...Quant à la comparaison de l'aide déversée, c'est un peu court car à qui elle a été versée jusqu'à à la fin des 80s ? Forcément, si c'est pour bâtir ouvertement et sans honte bue Bagdolite ou le Palais de Marbre, il n'est pas difficile de dire que "cela ne sert à rien!". L'Afrique et l'Asie, ce sont deux contextes très différent et encore, parler d'Afrique et d'Asie, c'est très réducteur tant les réalités continentales sont plurielles...

promethee

NB: mais tout ceci évidemment c'est un grand débat dont il manque un élément clé, des hommes politiques de qualité, valables et qui pensent à l'avenir de leur pays avant leur compte en banque. Malheureusement, pour les présidentielles au Congo, je ne suis pas très loin de partager l'opinion de Karel De Gucht...même si elle est aussi valable, équidistance oblige, pour cette région un peu déglinguée et que l'on nomme Wallonie !!!

melodius

L'Afrique n'est pas l'Asie, et alors ? Ca n'ôte rien au constat de départ, qui est que l'Asie s'en est assez bien tirée avec peu ou pas "d'aides", tandis que l'Afrique qui en a été submergée est dans un état catastrophique. Lesdites "aides" étaient d'ailleurs systématiquement liées à des contrats aux bénéfices d'entreprises bien en cour, il faut quand même le relever. Et qui paie aujourd'hui, la population qui n'en a retiré aucun bénéfice. Ca ne me semble pas être un bilan qui implique qu'on doive absolument poursuivre l'expérience...

Tu ne sembles ensuite pas t'apercevoir de la contradiction de ton discours, qui est de demander d'un côté qu'on poursuive dans cette voie, c-à-d qu'on continue à alonger de la thune à des gouvernement africains dont tu reconnais toi-même qu'ils sont composés de bandits et de jean-foutres.

promethee

Allons, s'il te plaît...

Déjà, où ais-je écris qu'il faut accorder de l'aide au développement qui aille dans les caisses de potentats locaux ? Où ai-je mentionné qu'il faut alimenter les caisses de ministères qui seront automatiquement repompées en amont par des Ministres peu scrupuleux ?

Ce n'est pas parce que je regrette la faiblesse qualitative des présidentiables congolais tout en me prononçant pour le maintien de l'aide bi- ou multilatérale avec de meilleurs garanties locales et des relais adhoc, que je cautionne certaines pratiques du passé de notre politique étrangère et de coopération.

Que je sache, aujourd'hui, quand on finance une campagne de vaccination dans la Province orientale par le biais de l'IRC, un exemple parmi des milliers d'autres, on n'alimente pas pour autant le stock de Kalashnikov des milices de Jean-Pierre Bemba! Quand on appuie la création de succursales bancaires de micro-crédit pour les entrepreneurs locaux et les pays des campagnes, on n'aide pas la caisse électorale de Yerodia...

Pour information, il suffit de consulter les cadres logiques de mise en place de notre coopération au développement (cf. site de la CTB) pour comprendre qu'au Congo, comme dans d'autres pays, les fonds ne sont plus directement attribués aux gouvernements mais gérés par nos antennes locales de coopération (via l'ambassade de Belgique notamment). Le secteur public étant inexistant, la corruption des élites est surtout le fait du secteur privé, comme les diamants par exemple....et je ne vois pas en quoi toi ni moi n'allongeons de la tune!

Pourquoi cela ne marche pas alors ?

Tu le sais fort bien, parce que ce pays souffre de maux structurels beaucoup trop importants pour qu'une simple question financière (mais nécessaire) règle le tout à elle seule: non éducation de la population, pandémie sanitaire, économie préhistorique, faiblesse qualitative des élites, absence de culture politique, diaspora des élites intellectuelles, etc.

Pour terminer sur l'Asie, si le bilan est meilleur, c'est simplement parce qu'il y a des pays comme le Japon, la Corée, Singapour ou encore Taiwan pour relever les indicateurs continentaux. A l'inverse, on pourrait citer le Népal, le Laos, le Timor, le Cambodge, la Birmanie, etc...etc...Les gens y crèvent peut-être moins de faim qu'au Darfour mais question développement, tout est relatif depuis la Belgique! Enfin et non des moindres, la question de l'assistance étrangère: L'Asie a historiquement reçu moins d'aide que l'Afrique mais pour quels résultats ? Des pays d'exceptions ? Allez...Regarde un cas comme le Laos et fais le bilan depuis son indépendance.

Encore une fois, je ne dis pas que l'assistance financière et humanitaire est la panacée, mais rejeter toute intervention au profit des seules levées de barrière aux exportations, je trouve cela encore moins réaliste.

Maintenant si tout se résume à une question d'intervention de l'Etat, le débat est tout autre....

Alexis de Tocqueville

Je pense que, sans être frotte-manche, tout le monde pourrait s'accorder sur cette Tribune de AD dans Le Figaro : "L'aide n'éradique pas la pauvreté" (http://destexhe.be/figaro_08_07_05_aide_developpement.htm?073800).
Toutefois, si on concentre mieux l'aide, il faut au minimum un Etat de Droit et des infrastructures pour faire décoller un pays par les recettes libérales habituelles. L'Irlande elle-même a bénéficié de fonds européenns importants (et pour une fois bien utilisés).

promethee

A quelques nuances près, je ne dis rien que moins que ce qui est précisé dans cet article...l'un (l'aide à la coopération) et l'autre (le développement économique et ses conséquences structurelles) ne peuvent s'éliminer, ils doivent être repensés, réadaptés mais de manière complémentaire...

promethee

@Melodius: j'ai un stock de Primus dans ma cave, sachant que tu aimes la bière, tu es le bienvenu quand tu veux ;)

melodius

Partant pour la Primus ! On règle ça par mail.

Je maintiens cependant mon point de vue: l'aide au développement passe nécessairement par deux états, celui qui la "donne" et celui qui la reçoit. Ca explique parfaitement que ses effets soient immanquablement négatifs. Et on peut discuter tant qu'on veut sur l'aide au développemement qui fonctionne lorsqu'il y a un état de droit, la réalité est que c'est une conjonction à peu près aussi fréquente que le socialisme et le visage humain.

Je ne vois pas bien par ailleurs comment on ferait - et ce qui justifierait... - que l'un ou l'autre gouvernement européen intervienne directement sur le sol congolais commme s'il était soumis à sa propre souveraineté. Les Congolais ont beau savoir que depuis l'indépendance, leur niveau de vie a baissé de manière catastrophique, ils ne sont pas prêts pour autant à voir débarquer les nokos. La chicotte a laissé trop de souvenirs.

Priam

Il faut précisément passer au-dessus des Etats : des banques belges prêteraient directement à de petits entrepreneurs congolais, des PME belges parraîneraient des PME congolaises, etc.
PS qui n'a rien à voir : la stratégie de Reynders expliquée dans La Libre : isoler le CDH pour se maintenir au pouvoir au Fédéral avec un PS affaibli (http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=294351). Moi, j'aurais isolé le PS et fait les yeux doux au cdh...

melodius

Et pourquoi diable les banques belges devraient-elles être forcées à gaspiller nos économies au Congo ???

Si les Congolais montent des affaires suffisamment intéressantes pour qu'on y investisse, ce que j'espère de tout coeur, elles iront bien investir sans être poussées dans le dos.

PS : d'ailleurs, est-ce qu'il en reste, des banques belges ?

EmigréParDégoût

L'ennemi, pris sous un feu nourri, commence à donner des signes de faiblesse. Le Général Reynders va-t-il donner l'assaut ? Jamais de la vie ! Il capitule !

Aussi, ça rappelle furieusement la "stratégie" d'un certain Guy Dollé, vendant l'entreprise dont on lui a délégué la gestion à n'importe qui pourvu qu'on lui assure son job.

Jean-Louis Leroy

Je recommande à tous la lecture de l'ouvrage d'Yves Montenay: "Le mythe du fossé Nord-Sud, ou comment on cultive le sous-développement" (paru en 2003 aux éditions Les Belles Lettres).

Voici deux liens vers des entretiens avec Y. Montenay en guise d'apéritif:

http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=75
http://bastiat.net/fr/cercle/rencontres/2004-1.html

melodius

Je vous invite à commenter cela sur CPS, sous mon billet, et non dans un sujet qui a trait au Congo.

Cosette

Dans un post précédent, j'avais signalé un
article paru dans la Libre du 15 mai dans la page OPINION.
Cet article concernait les élections au Congo et était signé par Albert Kisonga Mazakala, un ancien ambassadeur de la RDC.
Voici deux extraits :
-"La mauvaise gouvernance et la corruption semblent plus tributaires de notre propre culture que des facteurs extérieurs, contrairement à ce que prétend un discours largement répendu."
- "Personne ne peut croire que les autocrates et prédateurs d'aujourd'hui se muent subitement en démocrates respectueux des biens publics du seul fait des élections"


Jean-Philippe

@Cosette,

-"La mauvaise gouvernance et la corruption semblent plus tributaires de notre propre culture que des facteurs extérieurs, contrairement à ce que prétend un discours largement répandu."
- "Personne ne peut croire que les autocrates et prédateurs d'aujourd'hui se muent subitement en démocrates respectueux des biens publics du seul fait des élections"

Voilà deux phrases qui analysent assez bien la réalité de la situation politique actuelle de la Wallonie. Merci de les avoir portées à notre connaissance.

E. G.  Simon

1) "Pourquoi ne pas réengager des "Blancs" dans l'administration congolaise" (Alexis de T., 10:45)
L'idée n'a rien d'utopique. Je me rappelle de situations (1986-199x) où des ingénieurs belges ayant passé leur jeunesse eu Congo d'avant 1960 ... étaient sollicités par des cadres zaïrois de l'administration et de l'industrie pour conseiller certains projets technologiques.
Alors, pourquoi ne pas étendre ceci à des notions d'ORGANISATION et de processus?
Lorsqu'on observe la pagaille de fonctionnement là-bas, l'expérience européenne ne serait pas vaine!

2) En 2002-2003, Armand DeDecker, alors Président du Sénat, avait émis l'idée de "service volontaire" (étendue depuis lors). En une conversation tenue à l'IRRI (2004 ou 2005?), l'idée avait aussi été de rappeler des "seniors" assez familiers de ce pays afin de relancer des opérations en mode de COACHING vers des responsables congolais. Si ce n'est déjà concrétisé, serait-ce à méditer?

3) Pas d'accord avec Melodius 11:59.
Ce n'est pas la capacité des cadres "indigènes" qui est mise en cause, mais bien leur manque d'expérience dans la méthode et l'organisation d'un REDRESSEMENT de situations devenues désastreuses! Ce n'est pas d'AIDES publiques qu'il s'agit, mais d'un personnel d'encadrement (engagé dans des entreprises) ... avec le soutien officiel de l'Etat Belgique.
D'autres congolais (installés en BE) ont déjà suggéré cette chose dans la presse écrite 2005.

Si ce ne sont pas des européens (BE) qui se proposent, nous verrons les CHINOIS reproduire leur "jeu de séduction" au Congo comme ils l'on fait avec les islamiques du Soudan! Matières premières contre produits manufacturés à bon marché...

4) Je soutiens les remarques de Cosette de 17:22. Je me rappelle cet article (de LLB).

Jean-Philippe

@E.G. Simon,

Reste à savoir si les congolais ont autant envie de revoir les Belges, qu'ils ont viré en 1960, que nous n'avons envie de revoir les hollandais, que nous avons viré en 1830.

Votre remarque contient quand même une bonne dose de paternalisme. Nous sommes incapables de gérer correctement la situation de la Wallonie et nous irions dire aux congolais "Voici comment faire" Ils vont vous rire au nez. Comme je le disais à propos de la remarque de Cosette, elle s'applique très bien à la région Wallone, pas uniquement au Congo.

Si des entreprises belges souhaitent tenter l'aventure du Congo, libre à elle, mais nous payons déjà assez d'impôts pour les parvenus Wallons, inutile, comme du temps de Mobutu, de remplir les poches des parvenus de Kinshasa avec nos sous. Sinon, pourquoi le Congo, pourquoi pas la Bolivie, le Pérou, L'Equateur,L'Ethiopie ou le Timor. Nous avons autant des responsabilités envers ces peuples qu'envers les congolais.

Minarch

@EGS

cfr encadrement: à l' instar de ce que l' armée Belge a fait en RDC non?

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